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Caisse à savon : historique, origine et évolution du sport

Qu’est-ce qu’une caisse à savon ?

Une caisse à savon est un véhicule sans moteur, elle est équipée de trois ou quatre roues, d’un système de direction et de freins, conçu pour descendre une pente uniquement grâce à la gravité.

Utilisée dans des courses sportives ou des événements populaires, elle combine bricolage, mécanique et esprit compétitif.

Ces véhicules sont souvent construits à partir de matériaux simples comme le bois, le métal ou les composites.

La première course de caisse à savon

La toute première course de caisses à savon eut lieu en 1904 à Oberursel en Allemagne, lors de la célèbre course automobile Gordon-Bennett. Des spectateurs virent alors surgir de deux jeunes garçons un engin étonnant : long d’environ 1,50 mètre, équipé de quatre roues, d’un essieu avant mobile et d’une caisse rappelant le capot d’une voiture.

L’un des garçons prenait place au volant tandis que l’autre poussait le véhicule, puis se plaçait devant dans les descentes pour servir de frein. Le lendemain, d’autres engins apparurent, chacun cherchant à être le plus rapide. Cette initiative inspira les concurrents de la Gordon-Bennett, qui décidèrent d’organiser une course pour ces machines originales.

Ainsi naquit la première course de caisses à savon, le 31 juillet 1904, à Oberursel, dans le Taunus. Seize véhicules y participèrent. Le parcours étant peu incliné, un pousseur par caisse était nécessaire pour le départ. Les photos d’époque montrent le pilote à bord et le pousseur à l’arrière de chaque véhicule.

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Origine de la caisse à savon aux États-Unis

Probablement depuis de très nombreuses années, les enfants du monde entier cherchent à fabriquer des véhicules artisanaux pour dévaler les pentes de leur quartier et ressentir des sensations fortes, tout en se divertissant à moindre coût. Mais c'est au États-Unis que les caisses à savon prennent un essor mondial.

Le terme caisse à savon trouve son origine aux États-Unis dans les années 1930, pendant la Grande Dépression. Un industriel vendant du savon eut l’idée de fournir un plan pour construire une petite voiture à partir de l’emballage en bois de ses savons, permettant ainsi aux enfants de fabriquer un véhicule de course (appelé Soap Box). Depuis, ce terme est entré dans le langage courant.

En 1933, des courses de rues furent organisées, popularisant cette pratique et donnant naissance aux premières compétitions structurées de caisse à savon.

Naissance des premières courses de caisse à savon

En 1933, le phénomène culturel qu’est la caisse à savon inspira un photographe de presse local, Myron Scott, qui eut l’idée d’organiser une course plus structurée. La première compétition officielle eut lieu à Daytona Beach, donnant naissance au tout premier Soap Box Derby.​​​​​​​​​​

​​​​​​​Dès 1934, l’événement acquit une renommée nationale. L’année suivante, Chevrolet devint le sponsor officiel de la compétition, contribuant largement à son développement et à sa médiatisation à travers les États-Unis.

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En 1935, la course du championnat national fut déplacée à Akron, dans l’Ohio. Un circuit permanent, nommé Derby Downs, y fut construit en 1936 spécialement pour accueillir les compétitions. Cette implantation fit rapidement d’Akron la capitale mondiale de la caisse à savon.​​

C’est également à cette période que les premières règles officielles virent le jour, encadrant la construction des véhicules, les dimensions, les matériaux utilisés ainsi que la sécurité des pilotes.

Le Soap Box Derby permit ainsi de transformer un jeu artisanal en un véritable sport mécanique sans moteur. Les catégories de véhicules furent définies, les compétitions structurées, et la discipline se transmit progressivement de génération en génération.

Aujourd’hui encore, la caisse à savon conserve une forte popularité, avec des compétitions locales, nationales et internationales organisées dans de nombreux pays.

Développement de la caisse à savon en Europe

Après son développement aux États-Unis, la caisse à savon s’implante durablement en Allemagne dès 1949 avec la création du Deutsches Seifenkisten Derby, rapidement soutenu par de grands constructeurs automobiles. Ce modèle inspire d’autres pays européens.

En Suisse, la première course officielle a lieu en 1952 à Biberstein. Le pays joue un rôle majeur dans l’évolution de la discipline, notamment grâce à une organisation très moderne dès les années 1970, avec chronométrage électronique et moyens techniques avancés. Parallèlement, Gaby Oguey, à l’origine de plusieurs compétitions romandes, contribue à structurer les clubs et à fédérer les acteurs suisses autour d’une vision commune.

L’Italie, quant à elle, se distingue par son esprit d’innovation. Dès 1960, les courses se développent avec la création de véhicules spécifiques comme le carriolli, puis le bob car, capables d’atteindre des vitesses spectaculaires uniquement grâce à la gravité.

En Belgique, la discipline connaît un essor rapide à partir de 1973, avec la création d’une fédération nationale dès 1974. En quelques années, des dizaines de courses sont organisées et plusieurs milliers de participants s’engagent.

Face à cet essor européen, une étape décisive est franchie en 1980. À l’initiative de Gaby Oguey et de son comité, les clubs de différents pays s’accordent pour créer un championnat européen, reposant sur des manches organisées dans chaque pays et un règlement commun. C’est la naissance de la CECCAS (Commission Européenne des Caisses à Savon).

Avec l’évolution des pratiques, la discipline adopte progressivement le nom de SpeedDown. En 2009, la CECCAS devient la FISD (Fédération Internationale de SpeedDown), regroupant dès 2010 huit pays membres : France, Suisse, Belgique, Italie, Allemagne, République tchèque, Lettonie et Espagne

Histoire de la caisse à savon en France

En France, c’est en 1950, à l’initiative de l’Automobile Club Français, de la régie RENAULT et de l’agence HAVAS, avec le soutien du journal L’Argus de l’Automobile, que fut créé le premier Derby Automobile pour les moins de 15 ans. Cette compétition, ouverte à tous les futurs champions, imposait aux participants de construire eux-mêmes leurs caisses à savon, les roues et pneumatiques étant fournis par la société Dunlop.

Après des sélections régionales spectaculaires à Chartres, Charleville-Mézières, Orléans, Rouen, Metz, etc., une finale nationale se déroula le 22 juillet 1950 à Paris, sur une piste en bois de 400 m de long et 8 m de large, spécialement aménagée au Parc des Expositions. Le vainqueur remporta une véritable Renault 4CV.

Bien que l’initiative se soit essoufflée dans certaines régions, notamment montagneuses (Vosges, Alpes, Jura), les années 1980 marquent un second souffle pour la caisse à savon. Entre activités éducatives, loisirs de groupe, sport familial ou animations de village, la discipline se réinvente, se réglemente et se rassemble progressivement.

En 1981, à l’initiative d’un centre de loisirs et de la ville de Vénissieux (Rhône), voit le jour un prix national, le « Grand Prix de Vénissieux ». L’événement fut une grande fête : la barquette de Givors, fanfare populaire, animait la journée, tandis que Renault présentait ses derniers modèles, tels que la R5 Turbo ou la R18 Turbo. Le succès fut immédiat !

Les Francas, un mouvement français d'éducation populaire s’impliquent rapidement pour développer ces activités dans les centres de loisirs et les prix départementaux se multiplient. C’est dans ce contexte qu’un comité national est créé, rassemblant toutes les tendances de la caisse à savon et permettant l’organisation d’un championnat de France dès 1984, lequel servira de sélection pour le championnat d’Europe mis en place par la suite.

Évolution moderne des caisses à savon - le Speeddown

Aujourd’hui, la caisse à savon continue d’évoluer avec :

  • Des matériaux modernes : composites, carbone, aluminium

  • Une technique de construction avancée, inspirée de l’ingénierie

  • Des compétitions locales, régionales et nationales

  • Une attention renforcée à la sécurité pour tous les participants

La discipline reste fidèle à son principe fondateur : se déplacer uniquement par gravité, tout en développant la créativité, la mécanique et le sens du pilotage.

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